Une petite histoire de l’amitié franco-américaine - 1944: Du débarquement à la libération de Paris PDF Imprimer Email
Index de l'article
Une petite histoire de l’amitié franco-américaine
1777: La Fayette débarque à Georgetown
1917: Pershing débarque à Boulogne-sur-mer
1928: Le Nobel de Briand et Kellogg
1944: Du débarquement à la libération de Paris
Toutes les pages

1944: Du débarquement à la libération de Paris

Minutieusement préparée depuis des mois et précédée d’une formidable préparation  aérienne, l’opération Overlord peut être considérée comme réussie au soir du jour J: à l’est de la zone de débarquement, les Anglais et les Canadiens ont établi une tête de pont sur les plages qui leur étaient assignées. A l’ouest, malgré les terribles pertes subies a Omaha Beach par les I° et 29° divisions d’infanterie, les hommes de la 1° armée américaine disposent de solides positions. A Utah Beach, la 4° division d’infanterie a pu débarquer sans grande difficulté, même si elle s’est, depuis, quelque peu embourbée dans les zones inondées de l’arrière-pays. Quant aux 82° et 101° Airborne, une certaine confusion a suivi leur largage de part et d’autre de Sainte-Mère-Eglise mais, paradoxalement, la dispersion des parachutistes U.S. a surpris l’ennemi, qui, du coup, ne sait pas où porter son effort.

Tandis que les Anglo-Canadiens du général Dempsey ne progressent que très lentement face aux unités de panzers rameutées par les Allemands, les Américains réussissent à atteindre leurs objectifs dans d’assez bonnes conditions au cours des semaines suivantes. La prise d’Isigny et de Carentan ouvre la route du Cotentin et, malgré les réactions de la l 7° division de panzers SS «Götz von Berlichingen» les boys vont parvenir, dès le 18 juin, sur la côte occidentale de la presqu’île. A la fin du mois, Cherbourg est tombé aux mains de la I° armée américaine.

Malheureusement, les installations portuaires ont été complètement sabotées par les Allemands avant leur reddition et, contrairement aux attentes des responsables de la logistique, elles ne peuvent pas prendre le relais des ports artificiels d’Arromanches et d’Omaha Beach , dont une violente tempête vient de révéler la fragilité. Grâce aux prouesses accomplies par les unités du génie U.S., elles seront remises en service dans des délais inespérés. Mais Cherbourg ne peut suffire à alimenter la formidable machine de guerre alliée, qui, deux mois après le Débarquement, comptera près de 2 millions d’hommes, 500.000 véhicules et 3 millions de tonnes de matériel. II est donc urgent de lancer une opération d’envergure en direction de la Bretagne et de s’assurer le contrôle d’une partie du littoral de la Manche et de l’Atlantique pour disposer d’une façade maritime suffisamment large. Plusieurs semaines durant, les Américains vont livrer une épuisante «bataille du bocage» sur un terrain qui favorise la défensive et qui ne leur permet pas de profiler à plein de leur écrasante supériorité matérielle. Fin juin, le total de leurs pertes se chiffre à 22.000 hommes. Le 18 juillet, quelques jours après la prise de Caen par les Anglais, Saint-Lô, dont les défenses se sont révélées beaucoup plus sérieuses qu’on ne l’avait escompté, tombe aux mains des Américains. Le général Bradley, commandant de la I° armée U.S., peut désormais espérer enfoncer le front ennemi vers le sud. Ce sera l’objectif de l’opération « Cobra, » déclenchée la semaine suivante.

Le général Patton, commandant de la III° armée américaine, Iance ses 4° et 6° divisions blindées vers Coutances, pris le 28, puis vers Granville, qui tombe le 30, et, enfin, vers Avranches, atteint le lendemain. Dans la foulée, les tanks américains s’emparent de Pontaubault et de son pont sur la Sélune, ouvrant ainsi aux forces alliées la route de la Bretagne et de la vallée de la Loire. Entraîné par l’allant de Patton, le 8° corps vient de réaliser la légendaire «percée d’Avranches», qui, rapidement exploitée, va donner un rythme nouveau à la bataille de Normandie. Les Américains prennent coup sur coup Rennes, Vannes et Saint-Malo.

La Bretagne est désormais libérée, même si Brest ne tombe que le 18 septembre et si les Allemands s’accrochent encore aux «poches de l’Atlantique», qu’ils défendront jusqu’au printemps de 1945. Plutôt que de soutenir des combats d’arrière-garde, les Alliés ont en effet préféré pousser leur avantage et lancer une offensive vers le nord-ouest qui libérera les ports de la Manche et du Pas-de-Calais et mènera, dès septembre, les Britanniques de Montgomery jusqu’aux portes d’Anvers.

Patton, pour sa part, va tenter d’encercler par le sud les forces allemandes de Normandie pour les enfermer dans la poche de Falaise. Elles ne seront pas complètement détruites, mais seront malgré tout contraintes de se replier. Au cours de cette action, la légendaire 2° D.B. française du général Leclerc, intégrée à la IIIe armée de Patton va prendre une part décisive à la libération d’Alençon. Patton lance sur Dreux, puis sur Mantes-la-Jolie sa 79° D.I., qui atteint la Seine le 19 août. Les Américains ont prévu de contourner Paris par le nord et par le sud sans y livrer bataille, mais l’insurrection qui s’y est déclenchée décide Eisenhower et Bradley à laisser Leclerc foncer sur Paris. Le 24 août, à 21 heures, toutes les cloches de la capitale sonnent à la volée pour célébrer l’arrivée du premier détachement de la 2° D.B. à l’Hôtel de Ville. Le 25, von Choltitz remet sa reddition, tandis que de Gaulle lance à une foule en délire son fameux : «Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France !»

Arrivé avec les premiers groupes de libérateurs, l’écrivain Ernest Hemingway, qui a longtemps vécu à Paris, est allé rendre visite à son vieil ami Pablo Picasso et lui a offert… une caisse de grenades !

Voir aussi :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Relations_entre_les_États-Unis_et_la_France

 



 
©2008-2011 Association France États-Unis. Tous droits réservés