Sur la piste des Américains en Touraine - La Grande Guerre PDF Imprimer Email
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Sur la piste des Américains en Touraine
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La Grande Guerre
De Santa Barbara à Maillé : Les Hale
Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau
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6. La Grande Guerre et les "airplanes"

Sur le plateau de Parçay-Meslay, une école d’aviation s’est installée en octobre 1915. Les communes de Saint Symphorien, Sainte Radegonde, et Parçay-Meslay, cèdent 246 hectares de terres agricoles. Mais point d’aéroport en Touraine.

Très vite l’Armée américaine s’y installe en novembre 1917. Sa situation, sur sa ligne de communication entre le front (à l’est de Verdun) et Saint Nazaire (port de débarquement de troupes et de matériels), est stratégique. En effet, les États-Unis d’Amérique sont en plein effort de guerre. La Grande Guerre bat son plein.

photo aeroplanedetouraine.fr

Tours constituera, à ce moment-là, un des maillons du réseau américain en France. Elle accueillit à ce titre, le quartier général de l’intendance américaine, le S.O.S. Service Of Supply (tient ! c’est l’inscription que l’on retrouve au pied de la statue de l’Indien) ainsi que le quartier général de l’Armée de l’U.S. Air Service. La Touraine voit passer près de 15.000 soldats venus d’outre-atlantique.

En 1919, l’aviation française revient à Tours. L’école américaine chargée de former observateurs et photographes aériens (ses deux grandes missions sur le sol tourangeau) a laissé une installation de qualité sur le camp d’aviation et d’importants stocks de matériels. Nous sommes loin du modeste camp qui s’étirait le long de l’ancêtre de la nationale N°10. Elle s’est agrandie sur les communes de Larçay et de Rochecorbon pour l’entraînement au tir (Aerial Gunnery), sur les communes de Monnaie Langennerie pour des terrains d’atterrissage (Old Spiral Field), dans les landes de Cravan pour l’entraînement au tir d’artillerie.

À la fin de la guerre, de nombreux bâtiments étaient en place.

7. Le Mémorial de Tours et "Memorial Day"

Comme toutes les écoles, l’école de Tours a eu son lot de drames. C’est pourquoi tous les derniers lundis des mois de mai, les tourangeaux viennent fleurir les tombes lors du Mémorial Day au cimetière La Salle de Tours. Si toutes les dépouilles américaines ont quitté la Touraine (soit pour les Etats-Unis, soit pour les nécropoles réservées aux victimes de la Première Guerre mondiale) le souvenir demeure. A ce titre, nombre d’aviateurs sont revenus en pèlerinage. Et ils reviendront…

Encore plus intéressant pour nous est le Mémorial de Tours, Il commémore le travail des 650.000 hommes des Services de l'Approvisionnement de l'American Expeditionary Forces. Décrit comme une "belle fontaine de pierre blanche et de bronze avec une sculpture appropriée" dans la brochure de l'American Battle Monuments Commission, ce monument représente un Indien à genoux, un aigle sur son bras. Il serait intéressant de savoir sur quels critères cette sculpture a été considérée comme "appropriée". Quoi qu'il en soit, l'aigle et l'Indien, incarnent à eux deux, l’état sauvage, la liberté et les prouesses physiques, d’où cette symbolisation de la participation des États-Unis dans la Grande Guerre.

L'autre image n’a pas de lien avec le service militaire des Indiens d'Amérique. Il a été utilisé comme insigne, ou graffiti dans les tranchées ou dans les carrières, ainsi que sur les mémoriaux américains. Bien que cela puisse sembler contradictoire étant donné le passé contradictoire Indien-Blanc des États-Unis, l’athlétique Indien des Plaines du monument de Tours symbolise la participation américaine dans la Grande Guerre. Certes, l’Indien d'Amérique a été le seul véritable "native" Américain, c’est peut être en partie pour cette raison qu’il a été choisi comme la plus typique image américaine pour représenter l'Amérique. Mais cela montre surtout la force de l'image indienne dans l’inconscient collectif de l’Amérique. C’est un mélange complexe de sentiments : culpabilité (vu le traitement des Indiens d'Amérique dans le passé), supériorité (les Indiens d'Amérique ne sont pas encore devenus civilisés), admiration pour les traditions des Indiens d'Amérique et leur proximité avec la nature (sorte de paradis perdu), souvenirs d'enfance (lecture de romans et enchantement des Spectacles de l’Ouest Sauvage), et de nombreux autres élèments.

Extrait de The American Indian in the Great War: Real and Imagined par Diane Camurat 

 
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