Sur la piste des Américains en Touraine PDF Imprimer Email
Index de l'article
Sur la piste des Américains en Touraine
Des célébrités
Un grand artiste
La Grande Guerre
De Santa Barbara à Maillé : Les Hale
Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau
Toutes les pages

1. Barnum & Bailey à Tours

L’éléphant Fritz, du fabuleux Cirque Barnum & Bailey a fini sa vie au musée des beaux-arts de Tours. Le célèbre cirque américain est en tournée en France avec une ménagerie impressionnante. On a peine à imaginer aujourd’hui ce que fut ce cirque en 1902.

À Tours, le plus grand et le plus vieux des éléphants devient incontrôlable. 7 tonnes, 2,90 mètres au garrot : la bête en furie ! Le propriétaire se résigne à le faire abattre devant une foule de tourangeaux médusés. Quel spectacle ! Offert à la ville de Tours, Fritz est naturalisé par l’entreprise Sautot et fils à Nantes et est ramené par le vapeur « Le Fram ». La Loire est navigable à cette époque.

Les Tourangeaux peuvent admirer Fritz aujourd’hui au musée des Beaux-Arts à Tours.

Affiche du cirque et photos ci-contre et ci-dessous site danrj.alice.fr/touraine

2. Le passage de Buffalo Bill

William Frédérick Cody, plus connu sous le nom de Buffalo Bill, est né en 1846 dans l’Iowa, et est mort en 1917.

Cody se produit sous l’un des plus grands chapiteaux du monde. En 1905, il se donne en spectacle à Tours. La troupe du célèbre et légendaire aventurier des grands espaces de l’Ouest américain se compose de cavaliers venants du monde entier : cosaques des steppes russes, gauchos de la pampa argentins, vaqueros du Mexique, bédouins des sables du désert, cavaliers cubains et anglais, et bien sûr cow-boys et indiens d’Amérique du Nord.

On y applaudit une reconstitution de la bataille de « Little Big Horn » et évidemment, on y voit Buffalo Bill cavalier émérite et tireur sans faille devant le Grand Manitou.

Affiche du Buffalo Bill Show wikipedia.org


3. Ci gît Yul Brenner

Juli Borisovitch connu dans les Dix Commandements et dans les Sept Mercenaires sous le nom de Yul Brynner, est enterré depuis 1990, dans le petit cimetière orthodoxe de Bois-Aubry sur la commune de Luzé.

Il est né à Vladivostok en Russie en 1920 et il est décédé à New York en 1985.

 

portait forum.doctissimo.fr | photo site danrj.alice.fr/touraine

4. Wallis Simpson et le château de Candé

Edward VIII d Angleterre et Wallis Simpson Américaine de son état, se sont mariés au château de Candé. Après avoir sacrifié le trône pour raison d’État, le 3 juin 1937, ils sont venus chez leur ami, Charles Bedaux, propriétaire des lieux d’alors, pour la célébration des épousailles, événement qui marqua son temps.

Luxueux pavillon de plaisance de style Renaissance construit par François Briçonnet au XVIeme siècle, le bâtiment fut métamorphosé par Santiago Dratal del Castillo en demeure de style néogothique en vogue au XIXeme siècle. Puis c’est Charles Bedaux qui le retouche d’un style « année trente » tout à fait remarquable (salle de bains de mosaïques de pâte de verre, orgue de facture exceptionnelle, central téléphonique unique en France…).

Actuellement, le Conseil Général d’Indre et Loire est propriétaire du château de Candé. Il organise annuellement une exposition consacré au duc et à la duchesse de Windsor. Le visiteur redécouvre la période de l’entre-deux-guerres dans la convivialité d’un pique-nique. Cadre de verdure, ambiance des années trente, tout l’enchantera

À noter : la folle journée prévue à Candé, le 28 juin 2009


5. Alexander Calder

Alexander Calder, grand novateur du XXeme siècle en arts plastiques et en sculpture a établi son atelier à Saché, village connu aussi pour y recevoir la demeure d’Honoré Balzac. Le plus français des sculpteurs américains est venu ici créer, de fil de fer et de tôles peintes ses mobiles et ses « stabiles ». Ici, la sublimation de l’arbre dans le vent (d’après Marcel Duchamps).

Calder est né à Philadelphie en 1898 et meurt à New York en 1976. C’est en 1963 qu’il s’installe à Saché pour y créer, dix ans plus tard, avec le sculpteur Jean Davidson son atelier en surplomb de la vallée de l’Indre. C’est dans cet atelier qu’il va sculpter ses principales œuvres (1963 à 1975). L’atelier Calder est devenu une résidence pour artistes grâce au financement de Ministère de la Culture et à celui de la Région Centre.

portrait et photo du site wikipedia.org


6. La Grande Guerre et les "airplanes"

Sur le plateau de Parçay-Meslay, une école d’aviation s’est installée en octobre 1915. Les communes de Saint Symphorien, Sainte Radegonde, et Parçay-Meslay, cèdent 246 hectares de terres agricoles. Mais point d’aéroport en Touraine.

Très vite l’Armée américaine s’y installe en novembre 1917. Sa situation, sur sa ligne de communication entre le front (à l’est de Verdun) et Saint Nazaire (port de débarquement de troupes et de matériels), est stratégique. En effet, les États-Unis d’Amérique sont en plein effort de guerre. La Grande Guerre bat son plein.

photo aeroplanedetouraine.fr

Tours constituera, à ce moment-là, un des maillons du réseau américain en France. Elle accueillit à ce titre, le quartier général de l’intendance américaine, le S.O.S. Service Of Supply (tient ! c’est l’inscription que l’on retrouve au pied de la statue de l’Indien) ainsi que le quartier général de l’Armée de l’U.S. Air Service. La Touraine voit passer près de 15.000 soldats venus d’outre-atlantique.

En 1919, l’aviation française revient à Tours. L’école américaine chargée de former observateurs et photographes aériens (ses deux grandes missions sur le sol tourangeau) a laissé une installation de qualité sur le camp d’aviation et d’importants stocks de matériels. Nous sommes loin du modeste camp qui s’étirait le long de l’ancêtre de la nationale N°10. Elle s’est agrandie sur les communes de Larçay et de Rochecorbon pour l’entraînement au tir (Aerial Gunnery), sur les communes de Monnaie Langennerie pour des terrains d’atterrissage (Old Spiral Field), dans les landes de Cravan pour l’entraînement au tir d’artillerie.

À la fin de la guerre, de nombreux bâtiments étaient en place.

7. Le Mémorial de Tours et "Memorial Day"

Comme toutes les écoles, l’école de Tours a eu son lot de drames. C’est pourquoi tous les derniers lundis des mois de mai, les tourangeaux viennent fleurir les tombes lors du Mémorial Day au cimetière La Salle de Tours. Si toutes les dépouilles américaines ont quitté la Touraine (soit pour les Etats-Unis, soit pour les nécropoles réservées aux victimes de la Première Guerre mondiale) le souvenir demeure. A ce titre, nombre d’aviateurs sont revenus en pèlerinage. Et ils reviendront…

Encore plus intéressant pour nous est le Mémorial de Tours, Il commémore le travail des 650.000 hommes des Services de l'Approvisionnement de l'American Expeditionary Forces. Décrit comme une "belle fontaine de pierre blanche et de bronze avec une sculpture appropriée" dans la brochure de l'American Battle Monuments Commission, ce monument représente un Indien à genoux, un aigle sur son bras. Il serait intéressant de savoir sur quels critères cette sculpture a été considérée comme "appropriée". Quoi qu'il en soit, l'aigle et l'Indien, incarnent à eux deux, l’état sauvage, la liberté et les prouesses physiques, d’où cette symbolisation de la participation des États-Unis dans la Grande Guerre.

L'autre image n’a pas de lien avec le service militaire des Indiens d'Amérique. Il a été utilisé comme insigne, ou graffiti dans les tranchées ou dans les carrières, ainsi que sur les mémoriaux américains. Bien que cela puisse sembler contradictoire étant donné le passé contradictoire Indien-Blanc des États-Unis, l’athlétique Indien des Plaines du monument de Tours symbolise la participation américaine dans la Grande Guerre. Certes, l’Indien d'Amérique a été le seul véritable "native" Américain, c’est peut être en partie pour cette raison qu’il a été choisi comme la plus typique image américaine pour représenter l'Amérique. Mais cela montre surtout la force de l'image indienne dans l’inconscient collectif de l’Amérique. C’est un mélange complexe de sentiments : culpabilité (vu le traitement des Indiens d'Amérique dans le passé), supériorité (les Indiens d'Amérique ne sont pas encore devenus civilisés), admiration pour les traditions des Indiens d'Amérique et leur proximité avec la nature (sorte de paradis perdu), souvenirs d'enfance (lecture de romans et enchantement des Spectacles de l’Ouest Sauvage), et de nombreux autres élèments.

Extrait de The American Indian in the Great War: Real and Imagined par Diane Camurat 


7. De Santa Barbara à Maillé : Les Hale 1886-1958

C'est ainsi que fut créée la Maison du Souvenir à Maillé en Touraine

Le 25 août 2008 le Président de la République Nicolas Sarkozy est venu à Maillé. Un hommage a été rendu aux victimes de guerre du village. En effet, si cette date évoque la libération de Paris, elle est pour les habitants de Maillé, la date de la commémoration de l’anéantissement du village et du massacre de 124 de ses résidents.

Le 3 novembre 2008, les habitants du village de Maillé en Touraine, ont commémoré la disparition de Kathleen et de Girard Van Barkaloo Hale, leurs bienfaiteurs. Ce jour là, en présence du Prince Albert 1er de Monaco, en visite privée, de Madame Marty Blum, maire de Santa Barbara en Californie et des autorités locales, les quelques rescapés de l’horreur du 25 août 1944 se sont souvenus. Le Prince a fait savoir à Monsieur le Maire de Maillé, Bernard Eliaume, de son vœu d’être « avec les survivants et les habitants » de Maillé. Par ces mots, il reprenait ainsi à son compte la solidarité particulièrement généreuse du couple de mécènes à l’égard de Maillé.

Les Hale ont fréquenté intimement les Grimaldi de Monaco à Santa Barbara. En retour, cette amitié a valu à Girard Hale d’être nommé Consul Général de la Principauté pour onze Etats de l’Ouest américain

Les Hale ont fréquenté intimement les Grimaldi de Monaco à Santa Barbara. En retour, cette amitié a valu à Girard Hale d’être nommé Consul Général de la Principauté pour onze Etats de l’Ouest américain.

Kathleen, «Ange de la France » a été infirmière de la Croix Rouge pendant la Grande Guerre. A 27 ans, elle fut le porte-parole de l’Organisation féministe et humanitaire « The Scottish Women’s Hospital ». Girard a été peintre émérite et propriétaire richissime. Il a été au côté de « l’American Field Ambulance Service ». Tous deux ont été impliqués dans les deux guerres. Entre 1949 et 1958, ils ont comblé les survivants adultes ou enfants de Maillé.

L’Association du Souvenir, présidée par un survivant, monsieur Serge Martin, et la Municipalité de Maillé, ont conçu dans la maison même d’une famille massacrée : « le Café Métaix », un Musée. Celui-ci a été nommé « Maison du Souvenir ». En outre il comporte une exposition permanente dans le but de rappeler l’histoire du Village ainsi que l’action de ses parrain et marraine d’Amérique. Le maire a souhaité, dans une dernière salle du Musée, élargir l’évocation des victimes à toutes les victimes de guerre du monde contemporain.

Pour la visite
Contact presse : Sébastien Chevereau
Maison du Souvenir, rue de la paix 37800 Maillé
Tel 02 47 65 24 89 / 02 47 65 21 89 / 06 20 23 27 83
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8. Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807)


Rochambeau est né dans le Vendômois, région voisine de la Touraine. Militaire aguerri, on disait de lui « qu’il est l’homme de plein air et d’action non de cabinet ». Louis VI l’a bien compris. Si La Fayette a entraîné en Amérique, par son ardeur, la belle jeunesse française, Rochambeau, homme modeste, rassis, de sens et de devoir de par son origine, s’est révélé être à l’âge de cinquante-cinq ans, un chef. Instruit des champs de bataille, suffisamment souple de caractère pour servir en second, sous Washington, « il fut le seul homme capable de commander en Amérique, en maintenant l’harmonie entre les deux nations si différentes par leurs mœurs et par leur langage… ».

« Never from such good a hand » : par ses mots, Washington repousse, sous les murs mêmes de Yorktown, l’épée de la rédition du Général O’Hara qui remplace Cornwalis empêché par la douleur d’avoir perdu la colonie américaine. Rochambeau reste au milieu de ses troupes faisant fi des honneurs que l’Anglais lui rend.

Dernier maréchal de la Royauté, premier général de la Révolution, admiré par Bonaparte, reconnu par ses pairs, le héros se retira dans son château de Rochambeau en Vendômois en authentique sage.

 
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